Niger-Les Touaregs libèrent un dernier soldat, Tandja les reçoit


par Abdoulay Massalaki

   

NIAMEY, 3 mai (Reuters) - Enterrant la hache de guerre, les rebelles touaregs du Niger ont libéré dimanche à Agadez, dans le nord du pays, le dernier militaire qu'ils détenaient en otage, a annoncé le ministre de l'Intérieur Albadé Abouba.

   

Ce dernier a annoncé que, en conséquence, le président Mamadou Tandja, qui se trouve à Agadez, recevrait pour la première fois dans la soirée des représentants du Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ).

   

Le sous-officier libéré avait été capturé lors d'un raid du MNJ contre une base militaire en juin 2007, quatre mois après le déclenchement de la rébellion.

   

Tandja, qui avait refusé jusqu'à présent toute négociation avec le MNJ, qualifié de bande de trafiquants d'armes et de drogue, recevra des délégués de toutes les factions.

   

Parmi elles figurent les rebelles touaregs dissidents du Front des forces de redressement (FFR) et du Front patriotique nigérien (FPN).

   

"Tout ceci rentre dans le cadre de la dynamique de la paix dans laquelle nous sommes résolument engagés depuis la rencontre qu'il y a eu à Syrte, en Libye, il y a environ un mois", a dit Abouba.

   

Lors de cette réunion de deux jours organisée sous l'égide du colonel Mouammar Kadhafi, président en exercice de l'Union africaine, les autorités et les factions insurgées s'étaient engagées à oeuvrer au rétablissement de la paix dans le Nord uranifère.

    Les rebelles réclamaient davantage d'autonomie pour la région d'Agadez et un partage des bénéfices tirés de l'uranium extrait depuis une quarantaine d'années par le groupe nucléaire français Areva.

Lundi, dans la région, le chef de l'Etat nigérien et la présidente du directoire d'Areva, Anne Lauvergeon, poseront la première pierre du projet d'exploitation du nouveau gisement d'Imouraren, qui devrait faire passer le Niger au deuxième rang des producteurs mondiaux.

    La production annuelle d'uranium de l'ancienne colonie française est actuellement de 3.000 tonnes mais l'exploitation d'Imouraren à partir de 2011 va l'augmenter de 5.000 tonnes par an pendant 35 ans.