06 juin 2009
LA TRANSHUMANCE DES TOUAREGS...
...un article de Youssouf Alhaji Ami, de l'ONG TAGASTE, sur un site à découvrir: Pas pour des prunes (une véritable invitation au voyage...)
La période entre juillet et septembre est un moment capital dans la vie des éleveurs nomades. Vivant dans l’un des environnements les plus arides de la planète, les Peulhs et les Touaregs, qui constituent la classe pastorale du Niger, sont confrontés à des difficultés dans l’exercice de leur activité en dehors de la saison des pluies.
Après les premières pluies, à peine le couvert végétal installé, les
hommes et les animaux convergent vers les marais salés de la région d
Ingall, riches en sels minéraux indispensables pour les animaux. Au
cours de ce déplacement, les hommes sont en tête et sont chargés de
conduire les animaux à pied ou à chameau. Les femmes, qui sont
responsables de la tente, suivent sur leurs ânes et transportent le
matériel de la maison.
La disponibilité de l’eau et du pâturage en abondance facilite le
travail des éleveurs qui profitent alors de cette période de
retrouvailles pour organiser de grandes fêtes à la moindre occasion.
Beaucoup de mariages sont célébrés durant cette période. On organise
des “tendé” (soirées de chants et de danses traditionnels au son du
tambour qui donne son nom à l’évènement), et des courses des chameaux.
Pour les jeunes Touaregs, la transhumance est synome de distraction,
car le moindre évènement donne lieu à une fête. Pour les jeunes femmes
c’est le moment de se faire belles. Il est temps de sortir ses beaux
habits, ses bijoux de valeurs et de bien harnacher sa monture puisque
des rencontres surprises ne sont pas totalement exclues au cours de
cette période.
La transhumance comporte trois étapes :
Tinnikerte
C’est le déplacement vers les marais salés. Les éleveurs se déplacent
une fois par jour et c’est au cours de cette étape que sont organisées
les grandes fêtes car l’eau est partout sur le chemin.
Eres
Après trois semaines de déplacement quotidien, les nomades
s’établissent dans l’Irhazer pour environ un mois, afin que les animaux
recupèrent leurs forces et profitent au maximum de l’eau et du pâturage
salé qui contiennent des sels minéraux indispensables à leur santé.
C’est à ce moment que les différents peuples nomades organisent
l’évènement connu aujourd’hui sous le nom de “cure salée”. La cure
salée officielle, organisée vers la mi septembre dans la ville d
Ingall, s’inspire de la fête traditionnelle célébrée en brousse par les
éleveurs. Pour assister à ces grands rassemblements nomades , il suffit
de sortir de la ville d’Ingall et de se rendre dans des campements
Touaregs. Fin septembre début octobre se déroulent aussi les
“Guerouels” , fêtes Peulh Bororo où seule la beauté compte, puisqu’il
s’agit de choisir l’homme le plus beau de l’année. Les candidats à la
vedette de la beauté doivent chanter et danser plusieurs jours durant
pour laisser le temps au jury de faire leur choix. C’est aux belles
femmes qu’incombe cette responsabilité.
Aboulou
C’est le retour des éleveurs Touaregs à leur terroir d’attache. Ce
déplacement s’effectue dans des conditions plus difficiles car l’eau
commence à se faire rare sur le trajet . Les nomades doivent se
déplacer deux fois par jour sur de grandes distances pour regagner leur
puits le plus tôt possible.
25 mai 2009
DEFINITION...
Ripisylve: structure complexe composée d’un ensemble d’étages (arborescent, arbustif, herbacé), de toutes les classes d’âge.
Dans les conditions naturelles, elle se constitue, se régénère et se maintient spontanément, sans intervention humaine.
Elle se développe sur les bords des cours d'eau ou des plans d'eau situés dans la zone frontière entre l'eau et la terre (écotones); elle est constituée de peuplements particuliers du fait de la présence d'eau pendant des périodes plus ou moins longues (saules, aulnes, frênes en bordure, érables et ormes plus en hauteur, chênes pédonculés, charmes sur le haut des berges).
22 mai 2009
BALADES PRINTANIERES...
14 mai 2009
L'AFRIQUE AU PROGRAMME!
Dans L’Afrique de Sarkozy. Un déni
d’histoire, paru en septembre 2008 chez Karthala en réponse au discours de
Dakar du 26 juillet 2007, Pierre Boilley, qui fut pendant deux ans mon
directeur de recherches en « Master d’histoire de l’Afrique »
s’interroge sur l’enseignement d’histoire dispensé en France : « Un
enseignement ouvert au monde ? ».
Constatant l’ « absence de
connaissance du passé africain », il analyse programmes scolaires, sujets
proposés à l’agrégation d’histoire et place des études africaines dans la
recherche et l’Université françaises (« −Et qu’est-ce que tu fais comme études toi ?/ −En fait, je fais un master d’histoire de l’Afrique
et je travaille sur le Niger.../ −...Histoire de l’Afrique ? Je ne savais pas que ça existait... » Combien de fois ai-je entendu ça pendant mes deux
années de Master ! Jamais je n’ai osé demander si ce qui étonnait les gens
était qu’il existe des filières universitaires s’intéressant au sujet ou que
l’Afrique ait une histoire... Enfin, peut être ne faudrait il pas tomber dans
un excès de mauvais esprit...).
Négligée dans les programmes du secondaire,
marginalisée dans le supérieur, « l’histoire du continent est peu
connue ou inconnue, voire considérée comme inexistante. Le mythe de l’Afrique
sans histoire, affiché sans complexe dans le discours de Nicolas Sarkozy à
Dakar, est largement partagé par les Français, qui n’ont jamais pu réellement
en connaître les réalités par l’enseignement ».
Et
Pierre Boilley de constater que l’Amérique du Sud ou encore l’Asie ne sont pas
nécessairement mieux loties, notant tout de même que les liens de la France
avec l’Afrique ont été plus longs qu’avec d’autres continents et que « le
public scolaire est maintenant largement composé de descendants d’émigrés
d’Afrique noire ou d’Afrique du nord, qui ressentent au mieux un manque, au
pire une humiliation, à voir ainsi ignorée l’histoire de leurs ascendants »...
Et
pourtant, dans la France de Sarkozy, les choses changent (enfin qu’elles
changent, on n’en doutait pas ! Disons que certaines choses...avancent,
progressent...).
28
août 2008 : Parution au Bulletin Officiel d’un arrêté précisant le
calendrier selon lequel les nouveaux programmes d’histoire- géographie-
éducation civique pour le collège entreront en vigueur :
Ø Rentrée 2009-
2010 : classe de sixième. A noter : l’Egypte disparaît du programme
au profit...de « la Chine des Han à son apogée » (soit sous
l’empereur Wu (140- 87 av. J.-C.)) et/ou de l’ « Inde classique aux IVème
et Vème siècles ».
Ø Rentrée 2010-
2011 : classe de cinquième. Là...c’est l’Afrique qui fait sa
« grande » entrée dans le programme ! Il s’agira d’étudier une
civilisation de l’Afrique subsaharienne (au choix : soit l’empire du
Ghana, soit l’empire du Mali, soit l’empire Songhaï, ou encore le Monomotapa) « ainsi
que les grands courants d’échanges, saisis dans leurs permanences (le sel et
l’or du Soudan, les esclaves...) entre le VIIIème et le XVIème
siècles ».
Assez
réjouissant tout cela, même si cela signifie...pas mal de travail en
perspective pour les enseignants, et même pour moi, pas encore enseignante mais
en bout de parcours étudiant, issus de générations non formées à ces
questions...
Avec
cela, espérons qu’un jour plus personne ne puisse dire ou penser des choses
telles que « Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas
assez entré dans l’histoire (...) Dans cet univers où la nature commande tout,
l’homme échappe à l’angoisse de l’histoire qui tenaille l’homme moderne mais
l’homme reste immobile au milieu d’un ordre immuable où tout semble être écrit
d’avance », etc., etc. (extrait du « Discours de Dakar » bien
sûr...).
13 mai 2009
EVENEMENT CULTUREL AU PROFIT DE L'ONG TAGASTE A TOKYO!
Les amis Japonais de l'ONG Tagaste, partenaire de l'association française TIMIDOUWA organisent un évènement culturel au profit de l'ONG, le 14 juin 2009, à l'Institut Franco-Japonais de Tokyo...
06 mai 2009
INFO TIMIDOUWA
Avec le printemps, l'association TIMIDOUWA, AMITIE NIGER
a repris ses activités de plus belle.
Le 18 avril dernier a notamment eu lieu une "Après- midi nomade"...
Pour avoir plus d'infos, c'est ici: Info_Timidouwa_Avril_09
03 mai 2009
ESPOIR ++ ?
Niger-Les Touaregs libèrent un dernier soldat, Tandja les reçoit
par Abdoulay Massalaki
NIAMEY, 3 mai (Reuters) - Enterrant la hache de guerre, les rebelles touaregs du Niger ont libéré dimanche à Agadez, dans le nord du pays, le dernier militaire qu'ils détenaient en otage, a annoncé le ministre de l'Intérieur Albadé Abouba.
Ce dernier a annoncé que, en conséquence, le président Mamadou Tandja, qui se trouve à Agadez, recevrait pour la première fois dans la soirée des représentants du Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ).
Le sous-officier libéré avait été capturé lors d'un raid du MNJ contre une base militaire en juin 2007, quatre mois après le déclenchement de la rébellion.
Tandja, qui avait refusé jusqu'à présent toute négociation avec le MNJ, qualifié de bande de trafiquants d'armes et de drogue, recevra des délégués de toutes les factions.
Parmi elles figurent les rebelles touaregs dissidents du Front des forces de redressement (FFR) et du Front patriotique nigérien (FPN).
"Tout ceci rentre dans le cadre de la dynamique de la paix dans laquelle nous sommes résolument engagés depuis la rencontre qu'il y a eu à Syrte, en Libye, il y a environ un mois", a dit Abouba.
Lors de cette réunion de deux jours organisée sous l'égide du colonel Mouammar Kadhafi, président en exercice de l'Union africaine, les autorités et les factions insurgées s'étaient engagées à oeuvrer au rétablissement de la paix dans le Nord uranifère.
Les rebelles réclamaient davantage d'autonomie pour la région d'Agadez et un partage des bénéfices tirés de l'uranium extrait depuis une quarantaine d'années par le groupe nucléaire français Areva.
Lundi, dans la région, le chef de l'Etat nigérien et la présidente du directoire d'Areva, Anne Lauvergeon, poseront la première pierre du projet d'exploitation du nouveau gisement d'Imouraren, qui devrait faire passer le Niger au deuxième rang des producteurs mondiaux.
La production annuelle d'uranium de l'ancienne colonie française est actuellement de 3.000 tonnes mais l'exploitation d'Imouraren à partir de 2011 va l'augmenter de 5.000 tonnes par an pendant 35 ans.
AVEC UN PEU DE RETARD...
Une ancienne esclave nigérienne lauréate du prix du courage féminin aux É.-U.
Hadizatou Mani recevra ce prix des mains de la secrétaire d'État des États-Unis

Mme Hadizatou Mani, une ancienne esclave du Niger.
Washington - L'une des lauréates du prix que la secrétaire d'État, Mme Hillary Clinton, décernera le 11 mars à des femmes courageuses n'avait que douze ans lorsqu'elle a été vendue comme esclave en 1996.
« On m'a négociée comme une chèvre » pour le prix de 500 dollars, a dit Hadizatou Mani, du Niger.
Sa mère elle-même était esclave. Elle a été achetée par un homme d'une soixante d'années qui la battait, qui l'envoyait travailler de longues heures dans les champs, qui la violait et qui lui a fait trois enfants.
Bien que le Niger ait criminalisé l'esclavage en 2003, le maître d'Hadizatou Mani ne lui a pas révélé au début qu'il l'avait achetée et il a aussi tenté de convaincre les autorités du village qu'elle n'était pas esclave, mais qu'elle était l'une de ses épouses. Lorsqu'elle a finalement réussi à obtenir son « certificat de libération » en 2005 et qu'elle a épousé l'homme de son choix, son ancien maître l'a accusée de bigamie et elle a été condamnée à une peine de prison pendant six mois.
Hadizatou Mani s'est alors adressée à une association antiesclavagiste locale, Timidria, puis à l'organisation non gouvernementale Anti-Slavery International, pour porter plainte devant la Cour de justice de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO). Elle a accusé l'État nigérien de ne pas avoir protégé ses droits en vertu de sa loi contre l'esclavage.
« Ce fut très difficile d'affronter mon ancien maître et de m'exprimer publiquement car les gens me considéraient comme rien de plus qu'une esclave. Je savais cependant que c'était là la seule façon d'empêcher que mon enfant subisse le même sort que moi. Personne ne mérite d'être esclave. Nous sommes tous égaux et nous méritons d'être traités de la même façon (…) Aucune femme ne doit souffrir de la même façon que moi. »
Malgré les pressions directes et indirectes visant à l'inciter à retirer sa plainte, elle n'a pas cédé. Le 27 octobre 2008, la Cour de justice de la CEDEAO a condamné son asservissement et déclaré que l'État nigérien n'avait pas protégé ses droits et qu'il devait lui verser une indemnité de 10 millions de francs CFA (environ 20.000 dollars). Cette décision a montré clairement à l'État nigérien et à d'autres pays africains qu'il ne suffisait pas d'adopter une loi contre l'esclavage, mais qu'il fallait aussi l'appliquer.
Avant cette décision, des associations nigériennes telles que Timidria avaient déclaré que le Niger avait adopté sa loi contre l'esclavage dans le cadre d'une « offensive de charme » destinée à plaire aux Occidentaux. Hadizatou Mani a remporté une victoire non pas seulement pour elle-même, mais aussi pour tous ceux qui sont encore asservis au Niger. Elle leur a apporté un rayon d'espoir.
Le département d'État l'a choisie pour lui décerner cette année le prix qu'il a créé en 2007 afin de rendre hommage aux femmes qui ont fait preuve d'un courage exceptionnel pour défendre les droits et la promotion sociale de la femme.
ESPOIR?
Tandja à Agadez, une première depuis deux ans
par RFI, article publié le 03/05/2009
Mamadou Tandja est arrivé ce dimanche à Agadez dand le nord du Niger.
Il est accompagné du président de l'Assemblée nationale. Cela fait deux
ans que le président nigérien ne s'est pas déplacé dans cette région du
pays en proie à une rébellion touareg. Il doit inaugurer demain,
lundi, la mine d'uranium d'Imouraren en présence du ministre français
de la Coopération Alain Joyandet. Il devrait aussi rencontrer des
représentants des différents fronts de la rébellion.
Jusque-là, les rebelles touaregs étaient considérés par les autorités comme des bandits armés et des trafiquants de drogue. Il n'était donc pas question de dialoguer avec eux. D'où l'importance de la rencontre annoncée entre les rebelles et le chef d'Etat en personne.
En février dernier déjà, un changement de cap avait été amorcé. Une délégation gouvernementale de haut niveau avait alors rencontré la rébellion à Tripoli sous les auspices de Mouammar Kadhafi. Une rébellion appelée à déposer les armes par le Guide libyen.
Aujourd'hui, la situation s'est apaisée sur le terrain. Les rebelles du MNJ n'ont entre leurs mains plus qu'un seul otage militaire qui pourrait être libéré dans les prochaines 24 heures.
Plus que jamais, les autorités ont intérêt à pacifier la région. Demain la mine d'Imouraren sera inaugurée. Un gisement qui devrait donner lieu à la construction d'infrastructures de transport qu'il faudra sécuriser.
L'enjeu
est grand. Avec l'exploitation de cette nouvelle mine d'uranium, le
Niger devrait devenir le deuxième producteur mondial.
15 avril 2009
SOUVENIR DE POESIE...
La pomme de terre.
Peler une pomme de terre bouillie de bonne qualité est un plaisir de choix.
Entre le gras du pouce et la pointe du couteau tenu par les autres doigts de la même main, l’on saisi ─ après l’avoir incisé ─ par l’une de ses lèvres ce rêche et fin papier que l’on tire à soi pour le détacher de la chair appétissante du tubercule. L’opération facile laisse, quand on a réussi à la parfaire sans s’y reprendre à trop de fois, une impression de satisfaction indicible.
Le léger bruit que font les tissus en se décollant est doux à l’oreille, et la découverte de la pulpe comestible réjouissante.
Il semble, à reconnaître la perfection du fruit nu, sa différence, sa ressemblance, sa surprise ─ et la facilité de l’opération ─ que l’on ait accompli là quelque chose de juste, dès longtemps prévu et souhaité par la nature, que l’on a eu toutefois le mérite d’exaucer.
C’est pourquoi je
n’en dirai pas plus, au risque de sembler me satisfaire d’un ouvrage trop
simple. Il ne me fallait ─ en quelques phrases sans effort ─ que déshabiller
mon sujet, en en contournant strictement la forme : la laissant intacte
mais polie, brillante et toute prête à subir comme à procurer les délices de sa
consommation.
…Cet apprivoisement de la pomme de terre, par son traitement à l’eau bouillante durant vingt minute, c’est assez curieux (mais justement tandis que j’écris des pommes de terre cuisent ─ il est une heure du matin ─ sur le fourneau devant moi).
Il vaut mieux, m’a-t-on dit, que l’eau soit salée, sévère : pas obligatoire mais c’est mieux.
Une sorte de vacarme se fait entendre, c’est celui des bouillons de l’eau. Elle est en colère, au moins au comble de l’inquiétude. Elle se déperd furieusement en vapeurs, bave, grille aussitôt, pfutte, tsitte : enfin, très agitée sur ces charbons ardents.
Mes pommes de terre, plongées là- dedans, sont secouées de soubresauts, bousculées, injuriées, imprégnées jusqu’à la moelle.
Sans doute la colère de l’eau n’est- elle pas à leur propos, mais elles en supportent l’effet ─ et ne pouvant se déprendre de ce milieu, elles s’en trouvent profondément modifiées (j’allais écrire s’entrouvrent…).
Finalement, elles y sont laissées pour mortes, ou du moins très fatiguées. Si leur forme en réchappe (ce qui n’est pas toujours), elles sont devenues molles, dociles.
Toute acidité a disparu de leur pulpe : on leur trouve bon goût.
Leur épiderme s’est aussi rapidement différencié : il faut l’ôter (il n’est plus bon à rien), et le jeter aux ordures…
Reste ce bloc
friable et savoureux, ─ qui prête moins qu’à d’abord vivre, ensuite à
philosopher.
Francis Ponge, Pièces
DAMOURE ZIKA, ACTEUR DANS LES FILMS DU CINEASTE - ETHNOLOGUE JEAN ROUCH
On ne pouvait parler de l'un sans évoquer l'autre. "J'étais le double africain de Jean Rouch. Sans moi il ne bougeait pas", avait coutume de dire Damouré Zika,
l'acteur fétiche du cinéaste et ethnologue français. Jean Rouch, figure
phare du "cinéma direct", auteur de près de 150 films, est mort en 2004
dans un accident de voiture à Niamey, la capitale du Niger, sa seconde
patrie. Damouré Zika l'a rejoint. La télévision nigérienne a annoncé sa
mort, lundi 6 avril, à l'hôpital de Niamey, "des suites d'une longue maladie". Il était âgé d'environ 85 ans.
Tous ceux qui ont vu Cocorico ! Monsieur Poulet, le plus désopilant des films de Rouch, se souviennent de Damouré Zika et de l'odyssée d'une 2 CV fameuse opportunément nommée "Patience". L'engin, réduit au minimum et increvable, se lançait sur les chemins de la brousse nigérienne en quête commerciale desdits volatiles. Faute de frein, pour ralentir, Damouré appuyait sur le pneu avant avec son pied. Le geste n'était pas écrit dans le scénario du film. Il était improvisé, comme la plupart des péripéties et des dialogues des films de Jean Rouch dont Damouré Zika allait être le héros.
Entre ces deux hommes existait une réelle complicité. Des centaines de photos attribuées à l'ethnologue cinéaste, mais dont il est probable qu'une partie furent prises en réalité par Damouré Zika, en témoignent. Ce qui était à l'un était à l'autre.
Sans Jean Rouch, Damouré Zika aurait sans doute été condamné à l'anonymat. Le Français, à l'époque ingénieur des travaux publics, l'avait connu au début des années 1940, sur les bords du fleuve Niger. Chacun d'eux a fait de ce premier contact un récit différent. Les deux sont également attachants. "Damouré faisait la pêche à la ligne, avait raconté au Monde, le même Damouré qui, à la façon d'un conteur, parlait de lui-même comme s'il était extérieur à son propre personnage. Un soir, il a vu un monsieur à vélo. Il voulait se baigner mais il ne savait pas où aller. Je lui ai fait signe et je lui ai laissé l'endroit. Le lendemain il est revenu. Le troisième jour, il m'a dit : "Viens." Il m'a demandé si je parlais le français des tirailleurs (sénégalais) et il m'a dit de le suivre jusqu'à son domicile. Son cuisinier a servi d'interprète. Le Blanc a écrit sur un papier l'alphabet français. Et il m'a fait répéter. C'est comme ça que j'ai appris à écrire et à parler le français."
Jean Rouch, lui, évoquera un Damouré qui cherchait du travail et s'était fait passer auprès du Français pour un expert en reliure de livres : "Je lui demande de me couvrir un livre de Hegel (...). Je m'aperçois qu'il a mis tellement de colle qu'on ne peut ouvrir le livre." Un tel échec ne pouvait que rapprocher les deux hommes. Jean Rouch prend le jeune Nigérien sous sa protection. Il l'impose comme "infirmier bénévole" aux Ponts et Chaussées à Niamey en même temps qu'il en fait un acteur de cinéma à temps partiel. Damouré Zika chasse l'hippopotame dans Bataille sur le grand fleuve, le lion dans La Chasse au lion à l'arc ; il observe la tribu des Parisiens en vrai faux ethnologue dans Petit à petit, découvre l'Atlantique dans Jaguar...
Damouré Zika adorait jouer dans les films de Jean Rouch. Mais il aimait tout autant son métier d'infirmier ou plutôt de "médecin", titre qu'il s'était autodécerné mais que personne ne lui contestait. A plus de 80 ans, Damouré, dur d'oreille mais portant beau, l'exerçait encore dans une maison à la sortie de Niamey, entouré de ses quatre femmes et de sa tribu d'enfants. "Je suis un guérisseur. J'ai hérité des dons de mon père qui soignait avec les plantes", expliquait-il. Disponible vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept, il ne faisait pas payer ses consultations aux patients qu'il recevait. Sa salle de consultation tenait davantage du musée personnel que du cabinet médical. Le stéthoscope et le tue-mouches qui pendaient au mur voisinaient avec des photos de Damouré Zika au côté de Jean Rouch.
11 avril 2009
VIVE LA BOUGEOTTE!
« Mais bon sang ! Pourquoi
croyez- vous que le Grand, là haut, a décidé de la faire ronde, la Terre ?
Pour qu’on en fasse le tour !
Si elle était plate, au bout, on tomberait. »
Ils me plaisent bien ces quelques mots, qui font office de prologue dans le livre de Daniel Herrero, lu il y a longtemps, et que j’avais acheté à l’époque (à l'ancienne "Réserve" pour ceux qui connaissent), d’abord pour la photo qui figure sur la couverture, à savoir une vue de la vieille ville de Chinguetti, en Mauritanie, un ailleurs familier, l’objet de mon premier voyage par- delà les frontières européennes, et ensuite pour le titre: Partir. Eloge de la bougeotte, alors que moi- même je commençais sérieusement à l'avoir, la bougeotte...
L'ETOILE
A chacun de mes pas
Elle était là,
L’étoile.
Toute vêtue de bleu.
Surprise dans mon errance
D’erreurs en amertumes,
Enivrée de paroles et de rires,
D’insoupçonnables sentiments
Pour l’inconnu
Que je côtoyais depuis toujours,
J’ai repris la route…
Mais au bout : mon étoile.
10 avril 2009
HERISSONS, LA SUITE...
Tandis que les
correcteurs de copies de concours s’échinent sur ma prose et celle de bien
d’autres candidats alors que dehors le soleil brille (espérons que ça ne les
rende pas trop hargneux !), que les pétales des jolies fleurs du tulipier
s’envolent au gré de la brise, que la glycine laisse paraître ses premiers
boutons, que les petites graines amoureusement semées il y a quelques semaines
germent à qui mieux mieux, des traces suspectes, repérées par le détective
Monsieur mon père, nous imposent un constat: un Erinaceus europaeus, comprenez un hérisson, a de
nouveau élu domicile dans le jardin !
A la bonne heure !!!

C'est un hérisson, qui piquait, qui piquait...
JUSTE UNE QUESTION D'EAU
Il y a deux jours,
j’étais à une projection du film « Au centre de la terre, des puits et des
hommes », d’Ingrid Patteta, organisé par le réseau Projection (réunissant
les Professionnels Juniors de l’assainissement dans les Pays en voie de
développement) dans le magnifique Pavillon de l’eau de Paris.
Le thème de la soirée portait donc sur l’eau, le film en
question s’intéressant au savoir- faire des puisatiers traditionnels au Niger.
Au cours d’une discussion tout à fait informelle, plus tard
dans la soirée, se posait une question : la priorité n’est elle pas que
les gens aient accès à l’eau, que celle- ci soit potable ou non ? La
question peut paraître choquante il est vrai, mais il est une réalité aussi que
dans certains endroits du monde, assurer, techniquement, la potabilité de l’eau
n’est pas chose aisée, loin s’en faut...
En y repensant, plus tard, je me remémorai la conversation
que j’ai eu il y a quelques semaines avec un client de la Bioccop où je travaille. Ce monsieur a en effet l’habitude de nous acheter,
chaque semaine, entre 10 et 15 bidons de 5 litres d’eau minérale, parfois plus.
Je l’informai, avec le plus de tact que je pouvais, que d’ici quelques temps,
nous ne commercialiserions plus de bouteilles d’eau minérale, en raison des
effets écologiques désastreux que suscite l’habitude de consommer de l’eau en
bouteilles plastiques (en effet, la quantité d’eau nécessaire pour produire une
bouteille d’eau est bien supérieure à ce que contiendra ladite bouteille par la
suite, sans compter le nécessaire transport des palettes, couvertes de
nombreuses couches de film plastique, d’une épaisseur plus ou moins importante,
etc...). Je lui demandai donc s’il avait connaissance des différentes solutions
de filtrage d’eau, ce qui à quoi il me répondit que tout cela ne le
convainquait pas, ce que d’empressa de corroborer une cliente qui attendait non
loin son tour de passer à la caisse, en raison...du caractère « non vivant »
de l’eau filtrée. J’avoue que je me suis alors trouvée quelque peu
décontenancée. Je n’avais jamais réfléchi au caractère « vivant » ou
non de l’eau que je consommais. Renseignements pris, il semblerait qu’il
s’agisse entre autres d’une question d’ « énergie » de l’eau...
Y aviez vous déjà pensé à tout cela ?!!
Quoi qu’il en soit, je n’ai pu m’empêcher de révéler à ce
monsieur que dans certains pays, on boit une eau très « vivante », et
que cela n’est pas nécessairement recommandé : pas « vu à la
télé » ou quoi que ce soit, mais testé personnellement au Niger !
Embarrassé, peut être même soûlé par mes questions fort impertinentes, le monsieur s’en est
allé.
Décidément, question eau, chacun sa m****, euh ses
soucis !
Pour information, le film « Au centre de la
terre » sera très prochainement visible, le 14 avril sur la Péniche Anako,
à Paris, à 19h, et aussi (que dis-je surtout ! Venez nombreux !)
dans le bar le Lieu- Dit, 6 rue Sorbier, Paris 20ème), le samedi 18
avril lors de l’Après- midi nomade organisée par l’association Timidouwa,
amitié Niger, de 16 h à 19h...
TAGLE
Tes yeux me disaient de partir,
malgré tout.
Quand les miens bientôt secs
Te demandaient pardon.
Si rude était la douleur
De ne plus avoir de présent
Ensemble
Réfugiés dans nos souvenirs.
NIGER: LES PARTISANS DE L'EX- PRESIDENT MAÏNASSARA EXIGENT UNE ENQUÊTE SUR SA MORT
NIAMEY (AFP) — Les partisans de l'ancien président nigérien Ibrahim Baré Maïnassara ont réclamé jeudi à Niamey une enquête indépendante sur son assassinat il y a dix ans, le 9 avril 1999, et une nouvelle constitution pour pouvoir poursuivre les auteurs.
L'article 141 de la constitution, qui accorde un amnistie totale, n'est susceptible d'aucune modification ou annulation.
Le Parti nigérien pour la démocratie et le progrès (RDP) du défunt chef de l'Etat a jusque là vainement tenté de le faire annuler.
"Comme la constitution ne peut pas être modifiée, nous demandons l'adoption d'une nouvelle, débarrassée de cet article scélérat. Nous en avons déjà une à proposer", a affirmé à la presse Sani Abdourahamane, secrétaire général du RDP.
Il regrette pour l'instant être "pratiquement seuls à mener le combat".
"J'éprouve un réel sentiment de révolte face à l'indifférence des autorités pour nous rendre justice", a affirmé la veuve Clémence Aïssa Baré à la radio privée Ténéré.
Pour justifier son refus d'ouvrir une information sur la mort du président Maïnassara, la justice nigérienne a estimé "que le crime était amnistié par la Constitution", selon un communiqué des proches de l'ex-président reçu à l'AFP.
Il est précisé dans ce texte qu'une plainte a été aussi rejetée par le parquet de Paris au motif que le président décédé "n'était pas français" tandis qu'un recours à la Cour européenne des droits de l'Homme est "resté sans suite".
Clémence Aïssa Baré jouit également de la nationalité française.
Par ailleurs, le communiqué déplore que l'amnistie des auteurs de l'assassinat "n'est toujours pas levée dix ans après les faits et (cinq ans) après la mort du commandant Daouda Mallam Wanké, principal auteur présumé".
L'ex-président a été assassiné le 9 avril 1999, sur une base militaire près de Niamey, par des éléments de sa garde dirigée par le commandant Wanké décédé en 2004 de maladie.
La junte militaire qu'il a dirigée a toutefois fait voter une constitution accordant l'amnistie totale aux personnes impliquées dans les évènements du 9 avril 1999.
09 avril 2009
NIGER: LA REBELLION TOUAREG ET LE GOUVERNEMENT S'ENGAGENT POUR LA PAIX
TRIPOLI (AFP) — Des groupes de rebelles touaregs et une délégation du gouvernement nigérien ont affirmé leur engagement pour la paix, lors d'une rencontre avec le numéro un libyen Mouammar Kadhafi à Tripoli, a rapporté mardi l'agence libyenne Jana.
"Toutes les personnes ici présentes affirment leur sérieuse conviction et leur volonté de parvenir à la paix et de consacrer tous leurs efforts au service de leur pays", a déclaré le chef de la délégation gouvernementale, le ministre nigérien de l'Intérieur, Albadé Abouba, lors de la rencontre lundi soir.
Le président du principal groupe rebelle, Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ), Aghali Alambo, a affirmé de son côté "l'engagement de son mouvement et des autres groupes sur le front pour une paix définitive au Niger", a rapporté Jana.
"Ces engagements couronnent les négociations de paix ayant eu lieu ces deux derniers jours entre les rebelles touareg et le gouvernement nigérien" en Libye, selon l'agence libyenne qui ne précise pas si un accord de paix était prévu.
Le colonel Kadhafi, président en exercice de l'Union africaine, a indiqué de son côté qu'il suivrait la situation au Niger jusqu'à l'achèvement du processus de paix, toujours selon l'agence.
Outre le MNJ, le Front des forces de redressement (FFR) et le Front patriotique nigérien (FPN) ont également pris part aux négociations .
Le FPN avait affirmé le 26 mars à Tripoli que des pourparlers avec des médiateurs libyens avaient "abouti à l 'ébauche d 'un document cadre de négociation comportant les conditions du retour d'une paix définitive et durable au Niger ainsi qu'un programme détaillé d'exécution, allant du cessez-le-feu immédiat à la cérémonie officielle de remise d'armes".
En visite à Niamey, le numéro un libyen avait appelé le 15 mars les rebelles touaregs du Niger à déposer les armes et intégrer un processus de paix.
Lors de cette visite, le dirigeant libyen avait remis au président Mamadou Tandja six ex-otages nigériens des rebelles touaregs du MNJ, dont il a obtenu la libération.
7 avril 2009
07 avril 2009
RAPPEL!!!
18 avril 2009: Après- midi nomade au Lieu- Dit (Paris)
Le Niger ? C’est où ça ???
Timidouwa Amitié Niger vous invite à une rencontre…
Toute jeune association (née en 2006), Timidouwa Amitié Niger s’est donné pour but de soutenir l’ONG Nigérienne Tagaste et de promouvoir la culture Nigérienne en France.
Depuis deux ans, l’association s’est particulièrement impliquée, aux côtés de l’ONG Tagaste, dans le projet relatif à l’école nomade de Fak.
Au nom des enfants de Fak, nous vous invitons au Lieu-Dit (dans le 20 ème, à Paris) pour passer quelques heures avec nous, autour de films, d’images et d’objets de là-bas. Et surtout, à l’image d’un pays où tout est rencontre: de spectacles vivants, de paroles et de chansons, du personnage de Tamat et du musicien Sidi.
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Alors…Réservez votre 18 avril et RDV à 16h au Lieu-Dit !!!
N’hésitez pas à faire voyager l’information autour de vous !!!
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Association Timidouwa Amitié Niger
assotimidouwa@yahoo.fr
http://www.assotimidouwa.blogspot.com
http://www.tagaste.wordpress.com
DECES DE L'ACTEUR DAMOURE ZIKA
Le comédien nigérien Damouré est décédé lundi à l'âge de 85 ans à Niamey, a annoncé la télévision publique. Il avait été l'ami et le complice du cinéaste et ethnologue français Jean Rouch, mort lui en 2004.
Jean Rouch et Damouré Zika, un fils de pêcheur, s'étaient rencontrés dans les années 40 sur les rives du fleuve Niger. Ce fut le début d'une longue aventure qui dura jusqu'au décès en février 2004 de Jean Rouch, alias "le sorcier Blanc", dans un accident de la route dans le centre nigérien.
Rouch apprit même à lire et à écrire à son jeune ami qui devint quelques années plus tard infirmier. Il a joué dans la plupart des 150 films de Rouch dont le tout premier "Bataille sur le grand fleuve".
Tradipraticien, Damouré était très populaire auprès de ses compatriotes grâce à ses émissions hebdomadaires sur la santé diffusées par la radio publique. Et surtout pour son cabinet médical à Lamordé, son quartier populaire de la rive droite de Niamey, où il soignait souvent gratuitement les plus indigents.
Damouré était marié à quatre femmes. Il avait 35 enfants et 80 petits-enfants.
C'est avec humour qu'il évoquait sa mort : "J'ai du travail à achever, je n'ai pas le temps de mourir. Et même lorsque la mort viendra, Damouré se cachera sous une table puis elle dira +où est passé ce couillon+".
Romandie News
(ats
/ 06 avril
2009 23:23)















